Une collégienne de 13 ans fait progresser la lutte contre le cyber-harcèlement

Ecrit par ProtégerSonImage le 21 août 2014
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Une collégienne de 13 ans fait progresser la lutte contre le cyber-harcèlement

Comment faire face au cyber-harcèlement, pratique malheureusement de plus en plus répandue sur les réseaux sociaux et pouvant pousser certains adolescents jusqu’au suicide ? Trisha Prabhu, une jeune américaine âgée de 13 ans, a inventé une solution prometteuse et se retrouve parmi les 15 finalistes d’un concours lancé par Google.

Le principe de son invention repose sur l’idée qu’en prenant du recul sur les messages qu’ils émettent, les adolescents seraient moins enclins à publier des propos blessants ou injurieux. La collégienne, passionnée de neuroscience, a en effet découvert que le cortex préfrontal, qui joue un rôle essentiel dans la prise de décision, n’atteint sa maturité qu’à partir de l’âge de 25 ans. Avant cela, il peut être compliqué, pour certains adolescents, de cerner toutes les conséquences que pourraient prendre leurs actes.

En réalisant cette découverte, l’inventrice a voulu tester par elle-même la validité de sa théorie. Dans un premier temps, elle a fait lire à un panel composé de 533 jeunes âgés de 12 à 18 ans une série de textes injurieux, en leur demandant s’ils étaient prêts à poster de tels messages. 70% d’entre eux, malgré la violence des propos, ont répondu de manière positive. Un deuxième panel s’est vu poser la même question, mais accompagné d’un message d’avertissement leur demandant de bien réfléchir avant de publier ce type de commentaire. Ainsi alertés, seulement 4,67% des sujets ont persisté à vouloir écrire leur message.

Rethink, prochainement sur les réseaux sociaux ?

Le principe général de l’invention était donc trouvé : contrer l’instantanéité d’Iinternet et aider les adolescents à acquérir plus de discernement dans les propos qu’ils publient. L’idée d’une application s’intégrant aux principaux réseaux sociaux, tels qu’Instagram, Tweeter et Facebook, serait de plus techniquement assez simple à mettre en œuvre. Doté d’un algorithme reconnaissant les propos pouvant porter atteinte aux personnes, le programme, qui ne collecterait aucune donnée personnelle et respecterait l’anonymat, s’adresserait aux 12-18 ans et empêcherait la publication du message avant un délai préétabli, se doublant d’une phrase d’avertissement. Le système a séduit les membres du jury du Google Science Fair, et Trisha Prabhu se retrouve parmi les 15 finalistes de ce concours s’adressant aux jeunes de 13 à 18 ans, et dont les résultats seront dévoilés le 23 septembre

Un futur prometteur

Dès l’âge de 6 ans, la jeune Trisha est attirée par la science. Sensibilisée au problème du réchauffement climatique, elle imagine un véhicule mû par l’eau et le vent. Puis s’intéresse aux sciences cognitives, et dévore les livres concernant tous les aspects du cerveau. Alors qu’elle n’a que 12 ans, profondément émue par la disparition de sa tante dans un accident de la route, elle travaille sur un logiciel prévenant la baisse d’attention au volant. Sensibilisée au problème grandissant et dévastateur du cyber-harcèlement, qui touche presque 20% des 12-18 ans, cette admiratrice de Charles Darwin et de Louis Pasteur se penche sur la question et élabore son projet Rethink. Cette personnalité, impressionnante à plus d’un titre, se verra dotée en cas de victoire au trophée Google d’un prix de 50 000 dollars. Pour lors, son application suscite d’ores et déjà l’intérêt d’un groupe d’investisseurs.