Sextorsion : Quand le sexe prend votre e-reputation en otage

Ecrit par Protéger Son Image le 9 septembre 2011
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Sextorsion : Quand le sexe prend votre e-reputation en otage

72 mois de prison et obligation à sa sortie de déclarer tous ses faits et gestes sur Internet. Telle est la peine que vient de se voir infliger Luis “Guicho” Mijangos, 32 ans. Il avait harcelé une cinquantaine de personnes, pratiquant des délits de sextorsion. Ce néologisme né de la contraction des mots sexe et extorsion, consiste à soutirer des biens, des photos intimes (voire érotiques ou pornographiques) en menaçant de diffuser des vidéos intimes de ses victimes. Au cœur ce mécanisme pervers, la peur de voir son e-reputation détruite. Récit d’un crime qui semble se répandre.

Eté 2010, quelque part aux Etats-Unis. Amy (c’est un faux nom), jeune universitaire, reçoit un message instantané d’un inconnu prétendant la connaitre. Pour preuve : il a pu lui donner des détails de sa chambre d’étudiantes, des éléments de sa vie privée et même des photos d’elle nue ! Pas spécialement versée dans ce genre de pratique Amy a immédiatement interrogé son petit ami. Qui a nié avoir commis la moindre indiscrétion et même avoir pris des photos ou même filmé une sex-tape.  Une réaction qui n’a pas plu au correspondant anonyme. Il a menacé Amy de dévoiler ses photos sur Internet si elle recommençait à demander conseil auprès de son petit-ami. Amy s’est donc retournée vers la police. Mal lui en a pris. Les menaces se sont faites plus lourdes. Le FBI a été averti.

Ailleurs, au même moment, Gloria a reçu un mail avec comme objet : « Qui a piraté ton compte – LIS CA !!! » Dans le message qui suit, le hacker reconnait avoir pénétré sa messagerie, et explique qu’il l’a fait sur demande de l’ex-petit-ami de Gloria. Justement, il vient d’être condamné par un tribunal pour l’avoir harcelée. Comme dans les autres cas, le pirate exhibe des photos intimes et en demande d’autres. Gloria ne réponds pas et demande conseil auprès de ses amis. Le maitre-chanteur s’énerve et publie les photos sur Myspace et Flick’R.

Dans un autre affaire, une jeune fille de 17 ans reçoit un mail de sa sœur, au moment où cette dernière est dans la pièce d’à côté en train de regarder la télévision sans ordinateur ni téléphone portable à portée de main… Elle remarque que la lumière de sa web-cam clignote, signe qu’elle est filmée. Elle ne l’avait pourtant pas branchée !

Les policiers et le FBI avait fait les mêmes observations. Après avoir auscultés les ordinateurs, ils ont  étudié les flux croisés des mails, des vidéos transmises par internet et de programmes suspects trouvés sur les disques durs. Même si les données étaient cryptées, si le pirate se cachait derrière des proxys, la quantité d’informations a permis de l’identifier en 6 mois. Il s’agissait d’un jeune informaticien mexicain de 32 ans. A l’issue de la perquisition, il s’est avéré qu’il faisait chanter plus de 230 personnes, piraté leurs mots de passe et accédé aux comptes bancaires de quelques-uns, où il a ponctionné directement de l’argent. 44 étaient mineures.

Son mode opératoire : Les réseaux d’échange de fichiers. Dans des dossiers vidéos de films piratés il insérait des programmes s’installant sur les ordinateurs et transmettant petit à petit les informations de la victime. Via ses spy-ware (littéralement logiciel espion) il arrivait à voir ce que la personne écrivait, ce que la personne disait (quand les communications téléphoniques se tenaient par le biais de l’ordinateur). Il pouvait même prendre contrôle à distance de l’ordinateur et…des webcams. Une variante de l’arnaque dite « à la nigérianne ». Le nombre de ses victimes a précipité sa chute. Les policiers et les juges ont voulu envoyer un signe fort de leur engagement contre la sextorsion.

Maintenant, vous savez !