Gare à la rumeur avec Pheme, détecteur de mensonges sur Internet

Ecrit par Protéger Son Image le 22 avril 2014
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Gare à la rumeur avec Pheme, détecteur de mensonges sur Internet

La rumeur se définit comme l’émergence et la circulation d’une nouvelle à l’origine indéterminée, ni confirmée, ni infirmée par une source officielle. L’avènement d’Internet, des emails, des blogs et des réseaux sociaux a donné à la rumeur une nouvelle dimension. En quelques clics, elle peut atteindre un nombre bien plus élevé d’individus en un temps bien plus court, et par conséquent avoir bien plus de poids.

Nous y avons tous fait face un jour via l’arrivée d’un email spam dans notre boite de réception, une image partagée par un de nos amis sur Facebook, un tweet malencontreux ou un billet de blog à l’origine douteuse… Comment réagir dans ce cas ? Beaucoup d’internautes ne prennent pas le temps de vérifier la source de l’information et s’en font l’écho, la considérant d’office comme avérée. Un discours tenu par un individu n’a pas beaucoup de poids. Mais si 10, puis 20, puis 50 personnes le tiennent, alors il commence à en avoir. Peu importe que le propos tenu soit vrai ou non, si autant de personnes le font circuler, c’est qu’il y a forcément un fond de vérité…


Un détecteur de mensonges sur les réseaux sociaux

Face à ce phénomène qui peut vite devenir dangereux, des chercheurs de 5 universités et de 4 entreprises se sont penchés sur la question avec pour objectif de créer un programme visant à détecter les mensonges parmi les rumeurs répandues sur la toile et en particulier sur les réseaux sociaux. Ce programme, baptisé “Pheme” en référence à la déesse des rumeurs qui dans le Panthéon grec ébruitait le moindre ragot, analysera le fond et la forme des contenus répandus sur les réseaux sociaux afin d’en démêler le vrai du faux. Seront décryptés la syntaxe, la sémantique et le lexique de ces contenus (uniquement écrits, les images et vidéos jugées trop compliquées pour le moment). A cela s’ajoutera une remontée du circuit d’expansion de la rumeur afin de déterminer à qui elle profite et d’étouffer dans l’œuf les intox avant une diffusion hors de contrôle. Celles-ci seront ensuite classées en 4 catégories : désinformation, spéculation, controverse et fausse information.


Pheme va-t-il nous censurer ?

La première version de Pheme est financée par l’Union européenne et sera au point d’ici 18 mois. Certains saluent déjà cette initiative visant à rendre les réseaux sociaux des sources d’information fiables et sûres. Ces derniers étant souvent considérés comme des foyers de ragots invérifiables, Pheme leur restituera leur rôle originel d’informateur en temps réel. Une fonction cruciale lors d’événements à la portée mondiale comme le Printemps arabe, les émeutes de Londres, ou encore dernièrement la disparition du vol MH 370 de Malaysia Airlines.

Qu’en sera-t-il en revanche des avis, jugements, pensées divers émis sur les réseaux sociaux ? Comment juger de la véracité d’une opinion, d’un point de vue ? Pheme va-t-il nous censurer lorsque nous affirmerons que tel film est mauvais alors que tel autre est grandiose ? Qu’un politicien n’est pas à la hauteur ? Qu’un produit ne respecte pas ses promesses ? Sur quelles bases pourra s’appuyer Pheme pour juger du tort ou de la raison de nos propos ? La question est peut-être prématurée dans la mesure où la première version de Pheme ne devrait concerner que les gouvernements et les services d’urgence et de secours mais méritera d’être posée dans les développements futurs de cet algorithme.