Reconnaissance faciale : voir les choses en face

Ecrit par ProtégerSonImage le 21 avril 2015
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Reconnaissance faciale : voir les choses en face

Quand le monde réel amélioré se couple à la reconnaissance faciale, la vie est plus simple et plus ludique… mais quid des données personnelles utilisées ?

Quand le monde virtuel et le monde réel s’entremêlent, les applications technologiques semblent infinies pour faciliter la vie. Assistance à la conduite, déverrouillage des téléphones ou autre lunettes intelligentes sont autant d’innovations qui font la part belle à l’utilisation de la technologie dans le quotidien. Pourtant, la reconnaissance faciale ou vocale pose de nouveaux défis juridiques.

Cette dernière vise à identifier des individus ou à authentifier leur identité en comparant leurs visages avec des visages connus, référencés dans une base de données. Cela permettait jusqu’à présent de confirmer ou découvrir l’identité d’une personne en utilisant des procédés de lecture d’empreintes digitales et de balayage de l’iris. La lutte contre la fraude, par exemple, s’en sert beaucoup. Mais la sécurité publique et nationale n’en a plus l’exclusivité.

Géants informatiques vs données personnelles

Quand le géant américain Google a lancé ses lunettes intelligentes « Google Glass », les autorités européennes ont dû soulever le débat sur la question de la préservation des données personnelles. En effet, une application de Google Glass appelée Name Tag permet de reconnaître le visage d’une personne croisée dans la rue et de retrouver toute son identité virtuelle en balayant ses profils sur les réseaux sociaux. Le fichier des délinquants sexuels étant en accès libres aux États-Unis, l’application permet également de savoir si cette personne a été condamnée pour agression sexuelle.

Devant ce danger de divulgation de données personnelles, les autorités européennes ont manifesté leurs inquiétudes sur le fonctionnement de ce type d’application. Le Groupe de travail « Article 29 », ou « G29 », qui regroupe les CNIL européennes, a rappelé à ce titre qu’une image numérique contenant le visage clairement visible et identifiable d’une personne, est susceptible de constituer des données à caractère personnel. Le consentement de cette dernière est donc requis.

En France, la loi dite « informatique et libertés » adoptée en 1978 et modifiée en 2004, encadre également strictement la reconnaissance faciale en interdisant son utilisation libre afin de respecter le droit à la vie privée des personnes.

Une adaptation nécessaire ?

Google a publié un manuel d’utilisation afin de répondre aux inquiétudes européennes et de sensibiliser les utilisateurs aux abus possibles. Une telle application peut toutefois s’avérer indispensable à beaucoup d’égard. Les lunettes intelligentes pourraient ainsi permettre aux personnes malvoyantes d’améliorer leur perception de leur environnement, mais pas seulement. Ainsi, l’entreprise Fujitsu utilise la reconnaissance biométrique intégrée à un smartphone pour le déverrouiller et le groupe américain Intel l’utilise déjà pour authentifier l’utilisateur d’un smartphone, ce qui n’est pas sans déplaire à Microsoft qui veut s’en inspirer pour Windows 10. Il ne reste qu’à souhaiter que l’esprit des lois et la reconnaissance faciale ou vocale puissent s’entendre pour… protéger les données personnelles.