Protection des utilisateurs : les efforts tardifs de Twitter

Ecrit par ProtégerSonImage le 20 juillet 2015
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Protection des utilisateurs : les efforts tardifs de Twitter

Twitter relance la chasse aux trolls et aux importuns. Par le biais d’un système de blocage par liste, destiné à faciliter la gestion des indésirables, le réseau social espère bien reprendre la main face à des critiques de plus en plus vives de la part de ses usagers. Apres de nombreux cas de harcèlement, cette mesure de protection, très attendue, suffira-t-elle à rendre Twitter plus sûr ?

Nouvelle fonctionnalité

Destinée principalement aux utilisateurs comptant un grand nombre d’abonnés, cette fonction permet de créer et de partager des listes de profils indésirables. Dans ses options de sécurité avancées, l’usager peut sauvegarder, sous forme de document, tout ou partie des comptes qu’il a décidé de bloquer. Ce listing pourra ensuite être partagé avec d’autres utilisateurs, et permettra en théorie de se prémunir plus facilement contre les posts malvenus.

Pour rappel, un compte bloqué ne peut avoir accès ni aux tweets, ni aux photos postées par l’utilisateur ayant décidé de la mise à l’écart. De même, tout contact par le biais de la messagerie instantanée devient alors impossible.

Mesures tardives pour Twitter

Cette fonctionnalité supplémentaire, qui ne sera déployée que progressivement, vient s’ajouter à la panoplie récemment mise en œuvre par l’oiseau bleu dans le but d’améliorer la sécurité de ses utilisateurs. Pendant des années, seules quelques options de blocage ont prévalu, et un compte ne pouvait être supprimé qu’après signalement. Pourtant, des affaires très médiatisées, comme l’ont illustré les cas de Zoe Quinn et d’Anita Sarkeesian, ont révélé les limites des outils existants. Ces carences ont été pointées par de nombreux utilisateurs, qui n’ont pas hésité pour certains à quitter le site de micro-blogging.

En plein cœur de la tourmente, le PDG d’alors, Dick Costolo, avait tiré la sonnette d’alarme en février dans un memo interne. Rendu public par le site The Verge, le texte constitue tant une volonté de remédier à la situation qu’un effarant constat d’impuissance.

Dick Costolo : « Nous sommes nuls »

Dans son message, Dick Costolo, qui a démissionné au mois de juin, reconnait que trop peu d’efforts ont été réalisés pour lutter contre les utilisateurs malveillants. « Depuis des années, nous sommes nuls dans la gestion des trolls et des abus sur notre plateforme. J’en ai franchement honte », continue l’ancien PDG, qui affirme en prendre l’entière responsabilité. Vijaya Gagge, directrice juridique du site, a elle aussi concédé un manque de réactivité et une trop faible prise en compte des comportements abusifs.

Prenant pour cible les femmes ou les minorités, harcelant une personne et la menaçant, les tweets haineux, qui se manifestent quotidiennement, sont parfois lourds de conséquences lorsqu’ils s’adressent aux personnes les plus sensibles. Plus récemment, des cas de « revenge porn », cette pratique consistant à mettre en ligne des vidéos ou des photos pornographiques de son ancienne relation, ont été signalés sur le réseau social.

Geste de bonne volonté

« Nous allons chasser ces personnes et nous assurer que personne ne les entendra lorsqu’ils lanceront leurs attaques ridicules », conclut Dick Costolo, dont la déclaration a été suivie d’effets concrets. Toujours en phase de test et réservé aux possesseurs de l’application IOS, un algorithme supprimant automatiquement les messages violents ou contenant des insultes sera généralisé à tous les utilisateurs. Une annonce qui a réjoui, en France, les associations de lutte contre le racisme, qui depuis de longues années pointent du doigt le laxisme de Twitter. Dans la foulée, de nouvelles règles d’utilisation ont été promulguées, interdisant la promotion de la violence sous peine de bannissement du compte.

Pas question pour autant, selon la direction, de bafouer la liberté d’expression qui a fait le succès du site. L’équilibre sera dur à trouver, mais Twitter espère par ces mesures rassurer ses utilisateurs et endiguer la baisse de fréquentation dont il est victime.