Google Glass et vie privée : regard sur les zones d’ombre

Ecrit par Protéger Son Image le 17 mai 2013
Données personnelles | Vie privée 1 commentaire
Google Glass et vie privée : regard sur les zones d’ombre

Les Google Glass sont partout et font l’objet de nombreuses discussions, vidéos ou articles. Ce concentré de technologie imaginé par le géant Google attise curiosité, envie et interrogations.

Google Glass : la confidentialité mise en doute

En effet, 8 membres du Congrès américain souhaitent que Google éclaircisse les disposions prises concernant la protection des données personnelles et de la vie privée des utilisateurs. La lettre rédigée à l’intention de Larry Page, PDG de Google, contient 8 questions. Une réponse est demandée avant le 14 juin prochain.

Cory Bernardy, sénateur australien avait même estimé il y a quelques temps que les lunettes interactives de Google signaient la fin de privée car désormais tout pourrait être tracé et filmé. Cette prise de position un peu extrémiste se fonde tout de même sur des interrogations légitimes.

Ces lunettes qui ne sont pas encore en vente, mais en phase de test, sont connectées à Internet et permettent aux utilisateurs de prendre des photos, enregistrer et regarder des vidéos, publier sur les réseaux sociaux, envoyer des messages texte… Diverses questions sur la confidentialités peuvent alors se poser.

Des Photos en un clin d’oeil

Si aujourd’hui il n’est pas toujours évident de filmer ou de capturer le portrait de quelqu’un discrètement avec un téléphone, les Google Glass et leurs verres transparents permettent des prises beaucoup plus discrètes : “Nous allons tous désormais être des paparazzi et la cible de paparazzi” déclare Karen L. Stevenson avocat à Los Angeles.

Google assure que pour prendre des photos l’utilisateur devra parler ou toucher les lunettes tout en regardant directement la personne à prendre en photo. Le procédé reste tout de même discret. Plus inquiétant, des développeurs ont réussi à créer un programme qui permet de prendre des photos simplement en fermant les yeux.

Se pose également la question de la reconnaissance faciale sur ces clichés. Steve Lee, directeur de la gestion de produit pour Google Glass essaye d’être rassurant “Nous avons toujours dit que nous n’allions pas ajouter de nouvelles fonctionnalités de reconnaissance faciale à nos services dans le cadre des mesures sur la protection de la vie privée”. Mais comment en être certain ? C’est désormais confirmé Facebook sera présent sur les Google Glass et la plateforme sociale offre déjà ce service de reconnaissance faciale. Sera-t-elle présente sur les fameuses lunettes Google ? Tout ceci n’est pas forcément clair.

Google ce géant… de la Data

Souvenez vous. En 2004 , Google lançait Gmail, service d’e-mail gratuit qui se finançait en générant des annonces publicitaires grâce aux contenus des utilisateurs. A l’époque douze associations de lutte pour la protection de la confidentialité avaient protesté. Le service de messagerie de Google compte aujourd’hui 425 millions d’utilisateurs.

Plus déstabilisant encore la déclaration d’Eric Schmidt PDG de Google en 2009 “Si vous avez quelque chose que vous ne voulez pas que l’on sache peut être qu’en premier lieu vous ne devriez pas du tout le faire”. Si bien entendu il faut faire attention à ce que l’on poste sur Internet ou aux informations que l’on donne, il n’est pas toujours évident de se rendre compte de ce qui est conservé ou non sur le web. Les closes de confidentialités ne sont pas toujours évidentes.

Rappelons également qu’en février dernier les CNIL européennes s’unissaient contre Google. Selon elles, Google n’était pas suffisamment transparent sur la gestion de la vie privée de ses utilisateurs. D’autre part le géant technologique ne répondait à leurs recommandations.

Google a été condamné dans le passé pour d’autres de ses produits comme par exemple la cartographie de Street View  (Google Maps) et sa collecte de données trop intrusive.

La réponse de Google avant le 14 juin est donc vivement attendue face à ces doutes et l’avenir de nos données.