Les critiques négatives ont toujours leur place sur le web

Ecrit par Protéger Son Image le 15 juin 2012
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Les critiques négatives ont toujours leur place sur le web

Suite à des propos douteux tenus lors d’une interview, Rose Bosch, la réalisatrice du film « La Rafle », a subi de nombreuses critiques sur le web. Elle a alors tenté une action en justice, jugeant ces critiques injurieuses et illicites, en vain. Explications.

Lors d’une interview accordée à la revue Année Laser, Rose Bosh expliquait qu’« on pleure pendant La Rafle parce qu’on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a « trop » d’émotion dans La Rafle.”

Des propos assez virulents à l’encontre de ceux qui n’aiment pas son film, ce qui n’a évidemment pas manqué de faire réagir la blogosphère.

Sur le blog Seleni.fr, hébergé par Overblog, l’auteur s’adresse à la réalisatrice, l’invitant dès le titre à “fermer sa g….” (sic).

En avril 2012, Rose Bosh a décidé d’intenter une action en référé, fondée sur l’article 6 de la LCEN afin d’obtenir la suppression de ce post de blog qu’elle qualifie d’illicite car injurieux. Cependant, Overblog a refusé de procéder à cette suppression dans la mesure où il ne considérait pas ce contenu comme manifestement illicite.

Le TGI de Paris, le 12 juin dernier, a estimé quant à lui que des termes vulgaires ou désagréables ne constituent pas ipso facto une injure. En l’espèce, il s’agissait certes d’une critique mais celle-ci relevait de la liberté d’expression de l’auteur.

En somme, puisqu’il s’agissait d’un véritable avis et non d’une critique infondée, l’article a été considéré comme licite. Par cette décision, le TGI de Paris rappelle que les critiques négatives ont aussi leur place sur internet, et que l’on ne peut définitivement pas faire taire les internautes…!