Les Big Brother Awards gardiens autoproclamés de nos anonymats

Ecrit par Protéger Son Image le 12 août 2011
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Les Big Brother Awards gardiens autoproclamés de nos anonymats

Avec l’avènement des nouvelles technologies, notre vie privée est de plus en plus menacée. C’est la thèse défendue par les Big Brother Awards, qui défendent son respect dans de nombreux pays. Leurs armes : vigilance et dérision. Un cocktail détonnant.

Gardiens autoproclamés du droit à l’anonymat, les Big Brother Awards (alias les BBA) « récompensent » chaque année une série de prix aux sociétés, états, personnes etc. bafouant le plus le respect de la vie privée. La version française est la traduction des prix anglais éponymes attribués par l’organisation britannique Privacy International.

Depuis 2000, chaque année, un comité de sélection, de militants associatifs, de travailleurs sociaux, journalistes, sociologues, juristes et d’avocats défenseurs de la vie privée et des libertés publiques, rassemble les candidatures. Elles sont ensuite soumises à un jury d’une dizaine de personnes, dont la liste est rendue publique une semaine avant la remise des prix.

Pour le constituer, les BBA-France travaillent avec des organisations reconnues pour leurs combats en faveur des libertés fondamentales, comme le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme ou encore le Groupe d’information et de soutiens des immigrés(GISTI).

En 2010, les prix Orwell Entreprise sont revenus à BNP-Paribas, La Banque postale, LCL, la Société générale et toutes les banques qui « couvrent leurs employés qui dénoncent aux services de la préfecture des clients sans papiers venus à leur guichet. ».Le prix Orwell Localité a été attribué à Christian Estrosi, maire de Nice, pour avoir « installé à Nice le plus dense et le plus cher système de vidéosurveillance de France. ».

Le prix Orwell État et élus a échu à Xavier Darcos et Luc Chatel pour la création de nouveaux fichiers nominatifs à l’Éducation nationale; ainsi que Éric Besson « pour avoir durci les quotas d’expulsions, refusé de mettre à l’abri des poursuites les personnes qui aident les migrants, et pour vouloir contourner le juge des libertés. »

Avec une filiation revendiquée à 1984 l’œuvre de George Orwell, les Big Brother Awards ont créé un prix Novlangue. En 2010, il a été attribué à Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, pour l’utilisation du terme « vidéoprotection » à la place de vidéo-surveillance, forme de « simplification de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État ».

Version positive des BBA, le prix Voltaire. Il est décerné à une personne ou une organisation qui s’est illustrée dans la défense de la vie privée. En 2010, il a été décerné à Pièce et main-d’œuvre, un collectif créé à Grenoble. Il était « parvenu, avec des moyens rudimentaires, à contrer avec éclat la campagne d’acceptation des nanotechnologies organisée fin 2009 par le gouvernement via la Commission du débat public (CNDP). »

En 2010, les organisateurs des BBA France ont annoncé que cette édition sera leur dernière. D’autres organisateurs sont appelés à reprendre le flambeau. A l’heure de la rédaction de cet article, rien n’a été officialisé.