Le droit à l’oubli : Google face aux internautes

Ecrit par ProtégerSonImage le 21 octobre 2014
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Le droit à l’oubli : Google face aux internautes

Taper son propre nom sur Google et trouver une ou plusieurs pages vous concernant : pas besoin d’être une célébrité pour autant. A la différence que certains y voient une violation de leurs vies privées et demandent la suppression des liens concernés. Soutenus par une décision de justice européenne, ces derniers revendiquent le « droit à l’oubli ». Explications…

Afin de répondre à ses détracteurs, Google s’est vu contraint de publier sur son site Internet un formulaire adressé au grand public, qui permettra à toutes et à tous de demander la suppression d’un lien directement lié à son nom. Mais attention, le géant des moteurs de recherche se réserve le droit de refuser une demande si cette dernière est considérée comme historique, statistique ou scientifique.

Ce qui peut ou ne peut pas disparaître

La décision judiciaire a contraint Google à s’organiser. D’abord, la compagnie se réserve le droit de refuser une demande si la page contient un intérêt historique ou un rapport direct avec une célébrité.

Pour le reste, le moteur de recherche prévoit de créer un comité chargé de fixer les conditions de suppression. Cet organe consultatif aura la lourde tâche de déterminer ce qui relève de la vie privée ou du droit à l’information publique. Et comme chaque cas sera traité individuellement, inutile de préciser que Google et ses collaborateurs auront du pain sur la planche.

Un parcours du combattant

Si néanmoins vous vous décidez à entreprendre ces démarches, le lien suivant vous fera gagner un temps précieux: https://support.google.com/legal/contact/lr_eudpa?product=websearch.

Si on se réfère à la politique de Google, avoir le droit d’être oublier se mérite. En effet, le géant des moteurs de recherche n’a pas jugé opportun de faciliter la tâche aux futurs plaintifs, en faisant apparaître discrètement ledit document dans l’onglet confidentialité du site.

Une fois le formulaire ouvert, il vous faudra tout d’abord copier l’adresse (l’URL) du lien que vous souhaitez supprimer avant de répondre à un long et fastidieux questionnaire. Une fois ce dernier achevé, vous devrez également y annexer une pièce d’identité numérique sans oublier d’indiquer la date de votre demande.

Et puis vient l’attente

145000 requêtes reçues en 4 mois et ce n’est qu’un début. La direction de la société prévoit en effet entre 500000 et un million d’affaires à traiter dans l’année. De quoi donner du travail aux collaborateurs de Google, qui devront traiter chaque cas individuellement.

Reste à savoir si, une fois votre demande accordée, votre page disparaîtra définitivement. La législation européenne ne vise en effet que les différents Google européens et votre lien restera donc visible ailleurs.

Finalement, sa source pourra en tout temps être retrouvée par un internaute qui pourra, volontairement ou non, l’associer à votre nom. Ce qui vous obligera alors à remplir un nouveau formulaire… de quoi s’arracher les cheveux !

A votre bonne appréciation

Comment ne pas exister sur le Web en 2014 ? Ignorer les réseaux sociaux, faire constamment attention à ce que son nom n’apparaisse nulle part : un vrai travail d’agent secret qui vous vaudra sans doute beaucoup d’énervements. Autant jeter son ordinateur par la fenêtre ou se retirer dans un monastère bouddhiste. Pour les autres qui, pour de nobles raisons revendiquent le « droit à l’oubli », il ne vous reste plus qu’à affronter le géant Google avec une bonne dose de courage.

Ingénieuse opération de communication ou révolution des internautes ? Quoiqu’il en soit, la guerre est déclarée et personne n’est prêt à sortir le drapeau blanc.