La publicité épluche vos contributions en ligne pour…s’afficher chez vos amis

Ecrit par Protéger Son Image le 18 juillet 2011
Données personnelles | Sécurité | Vie privée 0 commentaire
La publicité épluche vos contributions en ligne pour…s’afficher chez vos amis

En 2006, le web vivait une révolution : le communautaire et son cortège de CGU (Contenus Générés par les Utilisateurs). A cette faveur, Internet a alors connu une explosion de son utilisation et de sa propagation. Le slogan fleurissant en bas de nombreuses pages était alors « Votre avis nous intéresse ». Aujourd’hui, mi 2011, les ténors de la toile semblent entamer un nouvel hymne : Yahoo, Google, Facebook ne se cachent plus pour scander en cœur « Votre vie nous intéresse ! ». D’un coup, ce n’est plus la même chanson !

Depuis la semaine dernière la fonction Yahoo Mail, de l’annuaire éponyme, propose à ses utilisateurs une énième mise à jour de son interface. Au programme, comme à l’accoutumée, plus d’ergonomie, de rapidité, de facilité d’utilisation…et un message sibyllin. Invoquant des raisons de sécurité, Yahoo! indique qu’il pourra « analyser les mails entrants et sortants de ses utilisateurs. » Intriguant ! D’autant plus que dans ses nouvelles Condition d’Utilisation, le sécuritaire cède le pas au… publicitaire : “Vous recevrez dans Yahoo! Mail des publicités pour des produits et des services associés à ces mots clés. De plus, grâce à ces mots clés, nous pouvons définir selon vos centres d’intérêt les catégories de publicités que nous affichons dans votre navigateur via le réseau de publicité Yahoo!”.

Dit autrement, ce vous écrivez ou lisez est analysé, ausculté, sondé de manière à vous offrir des publicités ciblées. Vous préparez une soirée ? Un gentil robot vous recommandera des vendeurs d’alcool en ligne, et pourquoi pas des sites pour acheter des aspirines le lendemain ou même des classements des meilleurs hôpitaux pour la greffe de foie, si vous abusez des libations. Inquiétant n’est-ce pas ? Avec ses nouvelles autorisations, en tout cas, il n’y aura plus de freins à l’exploitation de votre vie privée.

Gmail, le service mail de Google, a lui aussi récemment adopté cette stratégie d’indiscrétion. Il a perdu quelques utilisateurs certes, mais rien de comparable au succès que connait Google+, qui, à l’instar de Facebook, fera lui aussi son nid sur l’exploitation des données des consommateurs.

Ainsi Facebook expérimente plusieurs modèles de publicité ciblée. Selon diverses sources, un autre service de publicité contextuelle permettrait d’afficher des publicités adaptées aux mots-clés employés par l’utilisateur, quand il met à jour son profil. Plus sournois, un autre, lancé en janvier, utilise les “statuts sponsorisés” afin d’augmenter la “viralité” des publicités. « Grâce » à lui, si, sur Le réseau social historique, vous citez une marque ou un produit, votre message apparaît aussitôt dans le profil de vos contacts, à travers une mise en avant de la marque citée. Attention aux dérapages sur votre e-reputation !

De son côté, Google précise que « la publicité ne serait pas introduite dans les pages du réseau social, du moins dans un premier temps… » Ces « services » sont désactivables pour une partie d’entre-deux. Dans le cas de Yahoo, la seule solution est de refuser la nouvelle mise à jour.

La tendance semble lourde. A partir du 31 juillet, un profil Google+ ne pourra plus être privé. L’utilisateur devra laisser apparaître, au minimum, son nom et son prénom. Apparemment, l’usage des pseudonymes et des multicomptes déplait aux deux géants. Cela se conçoit : les données générées par ces comptes sont trop faiblement exploitables publicitairement parlant.

Maintenant, vous êtes prévenus !