La cyberdépendance

Ecrit par ProtégerSonImage le 12 juin 2015
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La cyberdépendance

La dépendance à Internet accentue certains comportements humains et pourrait être considérée comme une nouvelle maladie mentale. Bilan sur ces maladies de l’écran.

Si vous recherchez constamment les symptômes de certaines maladies en ligne plutôt que de demander à des experts, attention, danger. La dépendance à Internet peut commencer par là. En effet, les passionnés des jeux en ligne ne sont pas les seuls concernés. D’après les psychiatres qui observent de nouveaux comportements liés à l’utilisation d’Internet, de nombreuses autres pathologies résultent de la dépendance à Internet, aussi appelé cyberdépendance.

À ce titre, on peut compter, par exemple, la recherche obsessionnelle ou les achats compulsifs en ligne.

La dépendance à Internet est difficile à prouver

Le débat reste difficile pour les experts de la question car, si de nouveaux comportements découlent directement de l’utilisation abusive et excessive d’Internet, il est difficile de tirer des généralités comportementales. À l’heure actuelle, les chercheurs ne peuvent se fier qu’aux symptômes rapportés et observés sans pouvoir se baser sur de réels tests cliniques. La frontière est donc ténue : Internet ne fait peut-être qu’accentuer des symptômes d’une pathologie plutôt que la créer.

Aussi, aucune forme de pathologie observée suite à l’utilisation d’Internet n’a officiellement trouvé de justification médicale et les nouveaux comportements obsessifs provoqués par la dépendance à Internet ne sont pas encore entrés dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). Il en est toutefois question depuis 2012 car les médecins observent un symptôme récurrent chez les patients qui utilisent Internet à outrance : un manque d’attention créé principalement par des stimulations externes liées au réseau.

Accentuation des symptômes

Il existe plusieurs exemples de symptômes d’une maladie déjà latente que la cyberdépendance peut révéler. Par exemple, la tendance paranoïaque est renforcée. Dans un monde où les données sont constamment surveillées, beaucoup de patients se sentent sur écoute ou en état de suspicion permanent. Alors qu’il ne s’agit nullement d’une nouvelle pathologie, la dépendance à Internet renforce cette impression d’être suivi.

Il en va de même pour les jeux ou les achats en ligne, qui ne sont pas moins qu’une version plus « connectée » de la simple dépendance au jeu ou au trouble de l’achat compulsif. Beaucoup de patients atteints de la maladie de Münchhausen et de Münchhausen par procuration – selon lesquelles les patients font croire à une maladie et se rendent eux-mêmes malade de cette manière – semblent également trouver une plateforme idéale sur Internet pour renforcer leur impression et leur diagnostique amateur grâce aux groupes de soutien et de conseils en ligne.

Comment détecter les symptômes ?

En 2002, un test intitulé Internet Test Scale a été développé par un chercheur américain pour aider à évaluer le degré de dépendance à Internet. Ici encore, en raison du manque de données, les résultats restent très aléatoires. Il est donc plus intéressant d’observer son propre comportement vis-à-vis d’Internet et de l’évaluer.

L’un des moyens les plus simples pour mener cette évaluation est de comptabiliser le temps passé à utiliser chaque application en ligne, laquelle semble la plus importante au quotidien et pourquoi. Il est également intéressant de savoir quelles émotions sont ressenties lors de l’utilisation de ces applications, qui pourraient en réalité expliquer beaucoup de ces comportements addictifs.

Parmi les degrés de dépendance les plus extrêmes, on note que certains utilisateurs se lèvent la nuit pour consulter le Web, acheter ou jouer en ligne. Certains transforment même leur mode de vie et leur hygiène personnelle pour répondre à l’appel de l’écran. Et vous ?