Internet n’oubliera pas vos contenus, tous vos contenus.

Ecrit par Protéger Son Image le 14 octobre 2011
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Internet n’oubliera pas vos contenus, tous vos contenus.

Les traces que vous laissez involontairement derrière vous lorsque vous surfez sur internet forment, en partie, votre identité numérique. Mais les traces que vous laissez de manière volontaire sont en réalité bien plus dangereuses, principalement parce qu’elles sont à la fois visibles et persistantes (le web a en effet très bonne mémoire). Des contenus que vous avez publiés il y a plusieurs années peuvent ainsi ressurgir aujourd’hui et porter atteinte à votre e-réputation.

Avec le web 2.0 et l’explosion des médias sociaux, l’internaute est devenu à la fois créateur et diffuseur de contenus. Il commente sur les blogs, demande des avis et des conseils sur les forums, partage sur Facebook et Flickr, s’exprime sur Twitter. Tous ces contenus, (les commentaires, les posts de blogs, les vidéos, etc.), sont des UGC – User Generated Contents. Ils sont générés par un utilisateur non professionnel : l’internaute, et sont diffusés gratuitement sur le web.

Il est de plus en plus aisé d’en produire en grande quantité, très facilement et très rapidement… et de les oublier tout aussi vite. Un commentaire est si vite écrit, un tweet si facilement publié, une inscription à un forum si vite réalisée. Puis on n’y pense plus. Mais Internet a bonne mémoire, et ces contenus s’accumulent autour de votre nom, constituant votre identité numérique.

Prenons l’exemple d’un internaute lambda. Il y a quelques années de cela, adolescent un peu boutonneux mais surtout révolté, il avait son profil myspace et son skyblog pour crier sa haine contre le capitalisme et cette société qui l’enferme. Il n’y pense plus, c’était il y a des années. Tout comme il a oublié cette soirée où, pour rigoler, il s’était inscrit sur des sites de rencontres, avec un profil un peu racoleur. Il n’est jamais retourné sur ces sites, il ne sait même plus que son profil s’y trouve. Mais le recruteur qui googlise aujourd’hui notre internaute, lui, s’en souvient bien. Même si ce n’était qu’une simple forme d’expression à l’époque, même si ce ne sont que des instantanés d’une certaine période, ce sont aujourd’hui des traces, qui restent accolées à son nom. Et qui forment tout autant son identité numérique que son CV fraîchement créé sur DoYouBuzz et ses profils LinkedIn et Viadéo.

 

Lorsque vous surfez sur internet, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, vous ne pensez pas forcément aux conséquences de tout ce que vous faites et dites. Qui n’a jamais, dans un instant de faiblesse, publié un tweet regretté peu de temps après parce que jugé trop personnel ? Qui ne s’est jamais laissé aller à un statut un peu ambigu sur Facebook ? Parce qu’après tout c’est l’essence même de ces réseaux : le partage et la mise en relation. Sauf qu’on oublie que tout le monde, ou du moins beaucoup de monde, a accès à ces contenus. Ce qui peut être préjudiciable. Ainsi, Facebook serait cité comme principale source de preuves dans un divorce sur cinq, selon une étude américaine.

Les risques vont s’accentuer avec l’arrivée de la reconnaissance faciale. Annoncée entre autre par Facebook, cette nouvelle technologie inquiète. Sans compter que sur le réseau aux 700 millions d’utilisateurs, elle est activée automatiquement, sans que l’utilisateur en soit informé. Ainsi, votre identité numérique aura bientôt, elle aussi, un visage, votre visage. On va donc, grâce à votre nom ou votre prénom, voire votre pseudo, pouvoir faire remonter des photos, que ce soit des clichés de vacances, de soirées trop arrosées ou autre, alors même que votre nom n’y était normalement pas accolé. On comprend alors que même avec un pseudonyme, vous allez être de moins en moins anonyme.

Pour éviter les dérapages, dites-vous que vous êtes seul maître des contenus que vous publiez. Du moins, jusqu’à ce qu’ils soient en ligne justement. Il faut partir du principe qu’une fois diffusés, ils ne vous appartiennent plus vraiment, même s’ils sont postés sur votre compte Facebook, Flickr ou Dailymotion. Ils peuvent être copiés, rediffusés, utilisés à bon ou mauvais escient. Et il ne sera, de manière générale, jamais totalement possible de les supprimer. Sans devenir paranoïaques, gardez en tête que vos contenus en ligne peuvent être utilisés par n’importe qui, et qu’ils ne disparaitront jamais vraiment.

Maintenant, vous savez !

  • http://superboard.tk Taylor Boolman Wabmerku

    La contradiction, toujours, ou du moins, une certaine complexit