Google+ pseudos en -

Ecrit par Protéger Son Image le 29 juillet 2011
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Google+ pseudos en -

Google+, le nouveau réseau social, lancé depuis peu et disponible pour le moment seulement sur invitation, provoque déjà sa première polémique. Suite à la suppression « sauvage » de nombreux comptes récemment créés, les revendications ne se sont pas fait attendre.

Google+ vient à peine d’ouvrir ses portes à quelques millions de « privilégiés », qui peuvent tester en avant-première le nouveau réseau social dont tout le monde parle. Pour profiter de ce réseau il faut bien sûr une invitation, mais il faut surtout proscrire l’usage de pseudonyme. En effet, l’anonymat ne semble pas le bienvenu sur la nouvelle plateforme Google.

De nombreux utilisateurs, ne faisant pas usage de leur vraie identité, ont ainsi vu leurs comptes purement et simplement supprimés, sans autre forme de procès. Exit les pseudos, les surnoms, les alias : Google+ exige un vrai prénom et un vrai nom. Ni trop long, ni trop court, sans caractères spéciaux. Des critères qui semblent un peu légers, surtout aux yeux de tous ceux qui se sont créés une petite réputation sur le net via leur pseudonyme. Hors de question pour eux d’utiliser autre chose que le nom sous lequel tout le monde les connait sur la toile.

Google semble depuis reconnaître la rigidité de son processus, et procéder à  une petite marche arrière et un assouplissement. Mais revenons sur les raisons qui poussent Google à refuser les pseudos qui peuplent pourtant Facebook et Twitter.

La firme de Larry Page, via la charte d’utilisation de Google+, prétend simplement que : « les profils Google fonctionnent mieux lorsque l’utilisateur est identifié. Ainsi, vous êtes certain de contacter la bonne personne et les autres utilisateurs savent qu’ils ont affaire à une personne réelle lorsqu’ils consultent un profil. C’est pourquoi dans votre profil Google, vous devez indiquer le nom que vous utilisez dans la vie de tous les jours »

Le but serait donc simplement d’aider l’utilisateur, de manière à ce qu’il soit certain d’être en contact avec la bonne personne. On pourrait également invoquer la volonté de lutter contre les spams et les trolls, rendus moins aisés par l’utilisation de vrais nom et prénom.

En réalité Google ne veut tout simplement pas de faux comptes. Ces faux profils qui sont légion sur Facebook, comme par exemple les profils de chiens et chats. En effet, il semblerait que 14% des propriétaires de chiens aient créés un compte Facebook pour leur animal. On parle d’un animal sur 10 au Royaume Uni ayant un profil sur au moins un réseau social (Facebook, Twitter ou YouTube généralement). On pense également à ces comptes avec de faux renseignements, comme c’est là encore souvent le cas chez Facebook : on a tous un ami qui, sur le réseau, s’appelle Paul Ochon, vit à Katmandou et vote pour les Bisounours. Sans compter tous les utilisateurs qui ont deux comptes distincts.

Mais pourquoi Google refuse ces profils? Tout simplement parce que leurs données sont très difficilement exploitables. Elles ne valent pas grand-chose…publicitairement parlant.

Alors que, lorsque vous utilisez votre véritable identité, Google va pouvoir vous traquer et recouper  ses propres données récoltées via ses services comme Google+ et Gmail, et les données reçues grâces à ses sites partenaires, qui peuvent être des banques, des sites d’achat en ligne, des compagnies aériennes, etc. La firme va ainsi pouvoir créer de véritables profils très complets de ses utilisateurs, de leurs goûts et de leurs habitudes sur Internet. Des données qui, comme vous le savez, valent de l’or pour les marqueteurs.

A l’inverse, on peut s’interroger sur les raisons qui poussent Twitter à garder des milliers de comptes inactifs, et Facebook à ne pas chasser les faux profils. Des raisons là encore toutes simples : ces faux comptes permettent de gonfler les statistiques du nombre d’utilisateurs.

C’est ainsi que Jakarta se retrouve à avoir plus d’internautes inscrits sur Facebook (près de 18 millions) que d’habitants (environ 10 millions).  Impressionnant, certes, mais c’est aussi le cas de Paris, Rome ou Buenos Aires. 700 millions de membres à travers le monde donc, un chiffre qui n’a finalement jamais été officiellement confirmé par Facebook. Mais un chiffre qui attire les annonceurs, et donc permet d’augmenter les revenus du site.

Twitter quant à lui avance un chiffre de 175 millions de membres début 2011, dont en réalité la très grande majorité est inactive et n’a jamais publié plus de 4 tweets. Mais le réseau n’a, pour le moment, pour seul revenu que les investissements externes, qui sont boostés par le nombre d’utilisateurs de la plateforme de micro-blogging. Aucun intérêt donc, pour eux, de faire le ménage des comptes inutilisés, bien au contraire.

Quel est donc l’intérêt pour Google de casser un modèle pratiqué communément ? D’abord en tant que nouvel entrant, il doit casser les modèles existants. Pour les annonceurs vendre des chiffres « propres » sera un argument quant à la qualité de ses services. Ensuite, si Google+ devient la pierre angulaire de sa stratégie gestion de données client, Google serait effectivement bien avisé d’avoir une base la plus propre possible. Quitte à accepter les multicomptes déclarés…dans Google+.

Maintenant, vous savez !

  • http://nat@natachasteven.com Natacha Steven

    Ravie d’avoir découvert ton blog , il est très cool!