Les Google glass, une atteinte au respect au droit de la vie privée ?

Ecrit par Protéger Son Image le 18 juin 2014
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Les Google glass, une atteinte au respect au droit de la vie privée ?

Alors que Google innove encore un peu plus avec ses Google glass, la problématique de la confidentialité des informations de chaque internaute et de son droit au respect à la vie privée se pose plus que jamais. Il est aujourd’hui nécessaire d’encadrer le progrès.

La création des Google glass, qui devraient être largement mises en vente l’année prochaine (1500 USD) est un pas de plus dans le monde technologique. Ces lunettes « à réalité augmentée » permettent l’affichage de données en surimpression, et « intègrent » donc à la vue au moins tout ce qu’il est possible de faire avec un smartphone : connexion internet via bluetooth, Facebook, téléphone, caméra, etc. Avec, en prime, la discrétion qui n’était pas celle de doigts glissant ostentatoirement sur un clavier tactile.

Google glass et reconnaissance faciale, un cocktail dangereux

Si cette innovation a bien évidemment des aspects pratiques positifs comme négatifs (exemple du GPS « accessoire à l’œil », mais aussi risque de distraction au volant) elle comporte surtout des interrogations quant aux libertés fondamentales et plus particulièrement le respect de la vie privée et l’e-réputation.

D’autant plus que l’apparition de Google glass est concomitante avec la naissance d’applications qui permettent la reconnaissance faciale. Facebook a déjà trouvé un algorithme qui permet une presque aussi proche que celui de l’œil humain. Et alors que, justement, les Google glass permettent plus de discrétion, les possibilités d’être épié sont de plus en plus grandes. Comment alors assurer le respect de sa vie privée ?

Une utilisation des Google glass controversée

La question se pose bien évidemment pour ce qui concerne la procédure pénale et le travail des policiers sur le terrain. A New York, des services de police ont déjà testé ce nouvel outil. La profusion d’informations et l’instantanéité qui en résulte offre des perspectives mises en balance par la nécessaire synthèse qui doit découler d’une enquête. Les effets des Google glass sont aussi critiqués comme pouvant conduire à un état policier : Big Brother est bien là !

Au quotidien, et dans son utilisation par les particuliers, ces lunettes pourraient faciliter voir inciter les actions des « stalkers », ces harceleurs du net.

Cela pourrait révolutionner les rapports humains. On ne pourrait plus marcher dans la rue « incognito », il ne serait plus nécessaire de se présenter, et les formules telles que « je m’appelle » se feraient de plus en plus rares. Et quid des entretiens d’embauche où votre potentiel employeur pourrait visionner votre compte Facebook à votre insu et sous votre nez, et envoyer des photos de vous à ses associés en temps réel ?

La vie privée des citoyens menacée par un vide juridique

Une réponse juridique devra être apportée. Au niveau international, l’article 12 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen protège déjà le droit à la vie privée et peut être appliqué à la « web-life » : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ». Les droits nationaux, comme le droit français, assure aussi ce type de protection général.

Aux Etats-Unis, un restaurateur a déjà fait la une pour avoir interdit les Google glass dans son établissement. Mais les droits nationaux devront adapter leur législation de façon à faire respecter le droit à la vie privée et l’e-réputation pour protéger le citoyen de cette technologie, qui est avant tout conçue pour profiter aux moteurs de recherche qui les créent.