L’exploitation de vos données personnelles peut-elle avoir du bon ?

Ecrit par ProtégerSonImage le 26 janvier 2013
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L’exploitation de vos données personnelles peut-elle avoir du bon ?

Twitter doit donner les données d’identification des auteurs mal intentionnés

Suite à l’affaire des Tweets racistes et antisémites, Jeudi 24 janvier, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné à Twitter de communiquer les données d’identification des auteurs. C’est suite à la création du hashtag “#UnBonJuif” que le réseau social a été assigné en référé en novembre 2012 par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et d’autres associations.

Sur cette page, les utilisateurs de Twitter pouvaient trouver toute une série de commentaires tels que “un bon juif est un juif mort”. Stéphane Lilti, avocat de l’UEJF juge ces tweets comme “constitutifs d’injure racial, de diffamation raciale et d’incitation à la haine raciale sur un espace public”. Même si après une lettre recommandée de Maître Lilti, Twitter a retiré plusieurs centaines de ces Tweets, pour les associations cela ne réglait pas le fond du problème. En effet, il est reproché à Twitter l’absence de modération de son contenu. D’ailleurs d’autres propos et hashtag antisémites, homophobes, racistes se créent encore sur le réseau social. Par exemple “#SiJétaisNazi” (…”j’aurai continué ce que Hitler a commencé”), “#SiMaFilleRamèneUnNoir” ou encore “#SiMonFilsEstGay”.

Si on peut admettre que la “régulation des propos illicites sur Internet est complexe pourquoi Google, Youtube, Facebook et les autres y arriveraient très bien et pas Twitter ? ” déclare Stéphane Lilti.
Suite à la décision du tribunal, Twitter doit désormais mettre en place un dispositif de signalement des contenus outrageants, qui doit être (pour la plateforme française) “facilement accessible et visible”. Actuellement seul un formulaire en anglais permet de faire un signalement, accessible seulement au bout de plusieurs clics et dans des sous-rubriques.

Si l’UEJF a pu obtenir les données d’identification des auteurs des Tweets antisémites elle “ne compte pas poursuivre un par un” les utilisateurs aux Tweets plus que suspects. “On veut seulement que la justice en dispose, on laisse la liberté au parquet de poursuivre ou non”, “faire évoluer la loi”. “On ne veut plus que Twitter soit le mauvais élève des réseaux sociaux” soutient Stéphane Lilti, “En s’enfermant dans une protection aveugle d’anonymat, il renforce le sentiment d’impunité qui fait le lit de toutes les dérives».

Twitter a 15 jours pour exécuter ce que lui demande cette ordonnance, faute de quoi le Réseau social devra payer 1000 euros par jour.

Facebook lutte contre les suicides en partageant vos données

Si Facebook nous fait régulièrement de petites frayeurs au niveau du partage de nos données, cette fois ci ça serait pour la bonne cause. En effet, il semblerait que le géant des réseaux sociaux donne accès à ses données à l’association américaine SAVE  qui fait de la prévention contre le suicide. “L’expérience” n’en est encore qu’à ses prémices : les chercheurs de l’association vont commencer à étudier une vingtaine de comptes de personnes s’étant suicidées dans un comté du Minesota. Le directeur de SAVE a donné une interview au site Bloomberg où il estime que cet accord avec Facebook leur permettra d’étudier le temps s’écoulant entre différents posts sur les pages de ces personnes parlant de suicide ainsi que l’évolution de leur vocabulaire.

En 2010, Facebook avait déjà travaillé avec le centre de prévention national du suicide : les personnes qui repéraient des propos suicidaires sur des profils pouvaient les signaler d’un drapeau. Suite à cela, la personne en question recevait un mail l’incitant à appeler au plus vite la ligne de prévention suicide.

Le partenariat avec Save pose tout de même quelques questions quant au respect de notre vie privée puisque Facebook n’a pas encore indiqué quel type de données serait fourni à l’association.