Espionnage par Webcam : un jeu d’enfants pour mauvaises graines

Ecrit par ProtégerSonImage le 30 octobre 2014
Vie privée 0 commentaire
Espionnage par Webcam : un jeu d’enfants pour mauvaises graines

La webcam vit de belles heures. De plus en plus populaire, elle suscite cependant quelques inquiétudes. Depuis les années 90, le marché est en perpétuelle évolution et les modèles actuels, en haute définition, sont capables d’enregistrer les moindres détails de vos faits et gestes. Et parfois, à votre insu.

L’espionnage webcam n’a jamais fait autant parler de lui qu’aujourd’hui et un véritable marché s’est développé un peu partout à travers le monde. Le cyber-chantage n’existe plus que dans les films d’action et chacun peut y être confronté. Levez les yeux, trouvez le petit capteur en forme de petit œil rond et demandez-vous si quelqu’un vous observe.

Quel est le principe ?

Au 21ème siècle, le pirate n’a plus de bateau ni de perroquet sur l’épaule. Ce dernier n’a aucun signe distinctif, il peut être votre voisin ou un membre de votre entourage. Inquiétant ? Oui car le sabre a été remplacé par un RAT ((Remote Access Tool), un outil qui permet de commander un ordinateur à distance. Sans que la personne ne s’en aperçoive, son ordinateur est piraté et son accès vendu sans scrupule sur le marché noir. Un faux jeu d’enfants pour… de vrais délinquants !
Interrogée récemment sur BBC, une jeune écossaise a raconté devant des millions de téléspectateurs la mauvaise expérience qu’elle a vécue dans sa propre salle de bain. Selon cette dernière, alors qu’elle était en train de se relaxer, la webcam de son ordinateur s’est allumée comme par magie : « J’ai réalisé que quelqu’un était sûrement en train de m’espionner, cela m’a effrayé ! ».

Que gagne un pirate ?

« Je peux gagner de l’argent grâce à cela, alors pourquoi pas ». Ce sont les mots d’un pirate finnois d’à peine 17 ans, lorsqu’on l’interroge sur les raisons qui l’ont poussé à entrer dans la partie. Gagner de l’argent oui, mais combien ?
Sur les marchés pirates du Web, les tarifs ne sont pas tabous. Si l’accès illégal à la webcam d’un homme rapporte 75 centimes d’euro (1 dollar) à un pirate du Web, celui d’une femme vaudra 100 fois davantage. Au vu de la simplicité à pénétrer les systèmes non protégés, tout escroc en herbe y voit alors un business autant facile que lucratif.

Où est la faille ?

Les chercheurs se penchent sur le problème depuis des années et l’un d’eux a récemment trouvé une faille du plugin Adobe Flash, notamment dans les systèmes Internet Explorer et Google Chrome. Cette défaillance permet alors d’allumer une webcam et un micro à distance.
Techniquement, un pirate est capable de dissimuler un objet Flash transparent (onglet « Vie privée » du plugin), lui donnant un accès total et invisible à l’enregistrement du flux audio et vidéo.

Quelles précautions prendre ?

Couvrir sa webcam, une précaution visiblement non négligeable en ces temps troublés. C’est d’ailleurs ce que recommandent les associations de protection de l’enfance.
Les spécialistes recommandent également de ne pas tourner votre ordinateur ou votre webcam en direction d’un endroit où l’on pourrait vous observer. Finalement, il est aussi recommandé à tout utilisateur de se munir d’un antivirus fiable, capable de détecter la présence de logiciels espions.

Etre parano ou ne pas l’être ?

Telle est la question. Quelques petits gestes quotidiens semblent pouvoir vous aider à préserver votre sphère privée. Ne pas jouer avec le feu ni tomber dans le brasier de la parano : un équilibre de vie que chacune et chacun devra dénicher dans un avenir technologique où, malheureusement, les mauvaises intentions sont monnaie courante dans la jungle du Web.