e-reputation : l’article du Tigre est devenu un cas d’école sur la gestion de sa e-reputation

Ecrit par Protéger Son Image le 8 août 2011
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e-reputation : l’article du Tigre est devenu un cas d’école sur la gestion de sa e-reputation

« Bon anniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu’on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C’est sur toi qu’est tombée la (mal)chance d’être le premier portrait Google du Tigre. Une rubrique toute simple : on prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet. Comment ça, un message se cache derrière l’idée de cette rubrique ? Évidemment : l’idée qu’on ne fait pas vraiment attention aux informations privées disponibles sur Internet, et que, une fois synthétisées, elles prennent soudain un relief inquiétant. »

L’article commencerait presque gentiment. Un tutoiement badin. Une proximité affichée. Mais rapidement tout s’emballe ! L’innocente victime anonyme voit des pans entiers de son intimité révélée à tout le monde.  La curiosité de l’auteur se mue en une dissection froide et méthodique. Le ton de l’auteur projette une lumière crue sur les aléas normaux d’une vie non-moins normale. Sauf que, ce qui interpelle tout le monde, c’est que justement tout le monde aurait pu faire les frais de cette hypermédiatisation fulgurante. En tout cas tout ceux qui publie, ne serait-ce que des bribes éparses de leur(s) vie(s) privée(s) sur Internet.

Retour en arrière. Quand en novembre 2008 le journal Le Tigre publie son article, il ne se doute sûrement pas de l’ampleur qu’il prendra.  Il s’agissait de démontrer le peu de précaution que les gens prennent sur Internet et comment avec un peu de méthode et de curiosité, la vie de « n’importe qui » peut être, presque intégralement, connue. Voyages, loisirs, famille, vie amoureuse, sexualité… Marc L. a ingénument éparpillé sa vie sur Internet. Une plume et un peu d’imagination, ont partiellement comblé les zones de vide. Un portrait était publié. Tout le monde pouvait tout savoir de cet inconnu choisis au hasard.

En quelques mois l’article a été repris à un niveau régional, national puis international. Auparavant, Marc L. (ce ne sont pas son vrai prénom ni sa véritable initiale) a demandé d’anonymiser les textes publiés en ligne. Si le mal a été fait (les auteurs s’en sont excusés auprès de l’intéressé) la démonstration avait été apportée. Démonstration de ce que beaucoup savaient de manière diffuse, mais que peu avait testé avec autant réalisme.

L’article est devenu  un cas d’école, bien loin du Tigre. Alain Juppé l’a cité pour indiquer à quel point il se méfiait de Facebook dans un article du Figaro. Des médias internationaux l’ont repris. C’était en 2008. Le réseau social de Mark Zuckerberg ne comptait « que » 100 millions d’utilisateurs (il en atteint près de 6 fois plus deux ans et demi plus tard). Twitter réalise sa première levée de fonds et sa valeur est évaluée à 500 millions de dollars (elle est de 7,7 milliards à la mi-2011), le web 2.0 n’a fait son apparition dans le grand public qu’un an et demi plus tôt. Imaginez tous les outils de communication qui sont apparus depuis. Vous aurez une idée de la démultiplication des potentiels d’indiscrétion…

Maintenant, vous savez !