Données Personnelles : les français sont inquiets mais plus matures

Ecrit par Protéger Son Image le 4 juillet 2013
Données personnelles | Vie privée 1 commentaire
Données Personnelles : les français sont inquiets mais plus matures

Les français sont inquiets du sort réservé à leurs données partagées en ligne. L’actualité n’aide pas à rassurer les esprits : PRISM, Google Glass, Big Brother Awards… sont autant de faits qui parlent de l’exploitation de nos données par de grands groupes ou gouvernements de manière plutôt obscures.

Les français plus méfiants et matures sur le partage de leurs données

Opinion Way a réalisé un sondage ou il ressort clairement ce sentiment d’inquiétude dont témoignent la quasi totalité des interrogés. Bruno Jeanbart directeur adjoint d’Opinion Way commente d’ailleurs “Quelles que soient les générations, ils sont convaincus que la protection des données est de moins en moins garantie.»

Parallèlement, les français prennent de plus en plus conscience de l’importance qu’il faut accorder à la sécurité de nos données personnelles . 98% des sondés trouvent que la protection des données et le respect de la vie privée sont des enjeux importants tout comme le droit à l’image (89%).

A propose de ce constat, un des directeurs de CloudWatt, société de cloud computing déclare «Les gens ont compris qu’ils ne sont plus de grands anonymes. Ils savent que tout est stocké et disponible, qu’Internet est devenu une mémoire illimitée dans le temps et dans l’espace.» La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin rejoint ces propos «Le citoyen numérique est plus mature aujourd’hui. On le voit bien avec l’augmentation du nombre de plaintes que nous recevons. Il a observé l’univers virtuel, il a consommé sur Internet, il possède une identité numérique, un profil d’utilisateur et maintenant qu’il a conscience d’être identifié, sa perception du risque croît.»

Les français conscients d’une partie des risques seulement

La gratuité des moteurs de recherche et des réseaux sociaux cache une contrepartie et ça, 82% des français l’ont bien compris. Mais pour la plupart (87%) seule la publicité ciblée se cache derrière cette “libre-utilisation”. Seulement 58% des interrogés identifient également l’utilisation des données personnelles ; Pourtant “les deux vont de pair” précise Isabelle Falque-Pierrotin. En clair, les Français ne maîtrisent pas la manière dont les données sont exploitées.»

Bruno JeanBart rajoute «le ciblage publicitaire sur Internet est devenu tellement courant, il semble aujourd’hui tellement naturel, que personne ne fait finalement le lien avec les données personnelles.”

Mais peut-on repprocher aux français de ne pas saisir l’enjeu véritable de l’exploitation de leurs données sur la toile. Bien entendu que non. Un internaute lambda ne peut savoir et connaître les astuces des sites pour récolter leurs précieuses datas. Pour cette raison la présidente de la CNIL insiste sur la fait qu’il faut absolument “développer une culture sur le sujet”.

Le 10 juillet prochain accompagnée de 28 acteurs issus du monde industriel et de la société civile, Isabelle Falque-Pierrotin lance une grande campagne de sensibilisation. Le but : que l’éducation numérique soit décrétée “grande cause nationale” au même titre que l’illétrisme a une époque.

Une campagne qui sera sûrement bien accueillie par les français qui seraient 92% à réclamer des règles plus claires. Ils aimeraient par exemple que Google demande au préalable à utiliser leurs données personnelles. Bruno JeanBart explique d’ailleurs que «Les gens ne sont pas forcément contre une relation consumériste, à condition seulement que les choses soient dites clairement dès le départ».

Une réglementation plus stricte est aussi souhaitée par 77% des sondés qui trouvent nécessaire que l’Union Européenne réglemente les pratiques de Google.

Mais même si les grands opérateurs refusent d’être plus transparents on imagine mal “aujourd’hui un mouvement anti-Google, le risque, c’est que la montée de l’inquiétude et la multiplication des scandales aboutissent à une rupture de confiance» explique la présidente de la CNIL.

La vie privée c’est fini ?

En 2010 Marc Zuckerberg, fondateur de Facebook annoncé “la vie privée c’est fini”. Olivier Duvoid fondateur de eBusiness Information, interrogé par le Figaro.fr se veut rassurant car il n’est pas de cet avis : “Je ne crois pas que la vie privée soit une notion dépassée. En revanche, il est beaucoup plus compliqué, pour ne pas dire impossible, d’avoir une vie privée virtuelle”. Selon lui c’est à l’utilisateur de s’imposer des règles, de se fixer une ligne de route à ne pas dépasser. “Qu’est ce que l’on estime être partageable ?” La réponse ne semble pas être figée, elle a déjà bien évolué et évoluera surement encore avec le temps et au grès des générations d’internaute.