Doit-on encore faire confiance au Numérique ?

Ecrit par ProtégerSonImage le 12 septembre 2014
Vie privée 2 commentaires
Doit-on encore faire confiance au Numérique ?

L’essor du web et la démocratisation de nouvelles technologies toujours plus performantes ont suscité à leurs débuts une vague d’euphorie. Les pionniers du Numérique, persuadés d’apporter aux citoyens un accès illimité au savoir et à l’information, promettaient à l’humanité un avenir optimiste et égalitaire. Si la révolution a bien eu lieu, transformant profondément nos vies quotidiennes et nos manières de communiquer, l’enthousiasme a cédé la place à une inquiétude grandissante quant au devenir des libertés les plus élémentaires. La mise sur écoute généralisée des internautes, la réduction de la vie privée, la mainmise de grandes sociétés sur les données et la perspective d’un web à deux vitesses ne sont que quelques-unes des problématiques qui, pourtant, façonneront notre futur.

Gueule de bois

Car la situation est pour le moins préoccupante, et la confiance accordée aux nouvelles technologies a tendance à se réduire comme peau de chagrin. C’est l’amer constat effectué par Eric Sherer et l’équipe de France Télévision dans le blog très complet Méta-média . Dans l’une de ses publications semestrielle intitulée « Recherche confiance, désespérément » , les enjeux et perspectives du Numérique suscitent un sentiment à la fois désabusé et inquiétant. Quel est l’état des lieux actuel ? Les révélations d’Edward Snowden ont confirmé un espionnage permanent de tous les internautes. Au nom de la lutte anti-terrorisme, toutes les données émises par les usagers d’Internet sont collectées sans que personne ne sache au juste ce qui en est fait par la suite. Cet état de surveillance permanent est une menace pour la démocratie et une atteinte aux libertés les plus élémentaires. Seule une réaction citoyenne de grande ampleur, combinée à une action politique volontariste, peut refréner cette gigantesque collecte de données. Pour l’heure, la NSA continue d’écouter les conversations mondiales. Sans discrimination.

Quelques entreprises trop puissantes

Beaucoup de monde, de nos jours, utilise un service de Google ou d’Amazon, possède un terminal Apple et un ordinateur tournant sous Windows, et poste des messages sur Facebook. Ces cinq entreprises détiennent à elles seules la majorité du Big Data , et l’on peut même affirmer qu’elles contrôlent d’ores et déjà Internet à elles seules. Par ces données, ces géants du web savent tout de leurs utilisateurs, et sont à l’affut de la moindre information, qui se retrouve collectée et revendue à des régies publicitaires. Ces données sont une véritable mine d’or pour ceux qui les exploitent, sans qu’aucun internaute n’en touche une quelconque contrepartie. Pire : ces sociétés menacent de cloisonner le Web, d’en faire une chasse gardée en s’arrogeant un monopole qui, s’il est mené à terme, s’avèrerait catastrophique pour les utilisateurs. En collaboration avec certains FAI, la neutralité du Net sera mise à mal. Certains privilégiés devront payer pour accéder à un service (par exemple de la vidéo, ou de la visio-conférence de type Skype) à une vitesse satisfaisante. Les autres devront se contenter d’un débit moindre dans le meilleur des cas, voire d’une impossibilité d’accéder à ces services. Adieu, donc, l’esprit de gratuité et de partage qui constituait l’un des fondements du Web.

Une défiance compréhensible

En plus des problèmes de vie privée bafouée, de collecte des données et de perte de neutralité, la méfiance inspirée par le Numérique est une conséquence logique de la révolution qu’il a engendrée. Car en modifiant profondément la vie de ses utilisateurs, le grand bond numérique de ces dix dernières années a affecté de manière sensible plusieurs catégories sociales. Créateur de ressources et formidable levier économique pour les entreprises technologiques, le Numérique a néanmoins détruit pour l’instant plus d’emplois qu’il n’en a créés. Des entreprises qui dégagent des bénéfices de plusieurs millions, voire milliards de dollars, ne comptent que quelques dizaines d’employés. Des secteurs entiers de l’industrie et de l’économie ont quant à eux essuyé de plein fouet les conséquences des nouvelles technologies. La presse, l’imprimerie, les librairies, pour ne citer que ces quelques exemples, n’ont pas vu venir la vague technologique et sont confrontés à une crise majeure. Et ce n’est qu’un avant-gout. Les avancées de la robotique et de l’intelligence artificielle, auxquelles s’intéressent de très près les géants du Web, menaceront des emplois, même dans les secteurs les plus qualifiés.

Regagner la confiance

Pourtant, le tableau n’est pas si sombre. Internet a ouvert le partage de l’information, permis l’accès à la culture et au savoir de manière instantanée, et à même contribué à vaincre la dictature dans certains pays. Mais ces avancées sont loin d’être acquises, et les décisions prises aujourd’hui seront décisives pour l’avenir du Numérique. Tous les acteurs sont partie prenante, et chacun se doit de réagir en conséquence. Aux politiques et aux fondations institutionnelles de définir et d’appliquer une véritable gouvernance du web. Aux médias de communiquer sur les enjeux capitaux qui se profilent. Aux utilisateurs de contrer le cyber-espionnage en cryptant leurs communications. Au grand public de s’intéresser et de s’impliquer dans cette mutation dont dépendront leur futur mode de vie. C’est à ce prix que la confiance pourra enfin être retrouvée.

  • Fabienne Menaud

    Comment faire autrement que la confiance? Il existe bien Thor, mais c’est un peu compliqué pour un usage de loisir. Sinon, il faut surtout se résoudre au fait que le numérique n’offre aucune véritable protection.

  • Jean

    On ne peut pas faire confiance au numérique que cette société nous impose,nous allons vers un monde à la big Brother,
    exemple: il y a un danger à utiliser une puce NFC RFID comme moyen d’identification et de paiement cela correspond exactement au futur système économique mondial annoncé dans la bible ; l’apocalypse chapitre 13 verset 16 il y a plus de 2000 ans :

    “Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite et leur front et que personne ne puisse acheter et vendre sans
    avoir la marque le nombre de la bête ou le nombre de son nom, c’est ici la
    sagesse! Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête ; car
    c’est un nombre d’homme et ce nombre est six-six-six.”

    Regardez comment fonctionne un code barre, le 6 6 6 est déjà caché partout sur tous les produits de consommation, même sur votre carte d’électeur (pour les Français) ! Ce sont les 2 petits traits à gauche du code-barres, du milieu, et à droite qui en langage code-barres donne le 6 (pour quelle raison occulte cette norme a été validé dans le monde entier?). Je n’invente rien, encore simple à vérifier sous Google avec des dessins pour mieux comprendre (en
    tapant : barre code et 666) …
    après le futur krach économique à cause de la dette on va passer au mode d’argent électronique (plus de billets et de liquide) puis à la nano puce RFID implantée sur la main droite ou le front au nom de la sécurité et de la santé (avec une modification faustienne de notre ADN en bonus) il faudra faire un choix et s’y préparer …..

    on n’arrête pas le progrès, science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

    «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant
    à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»
    Albert Einstein