Cyber-voyeurisme : un concept flou

Ecrit par ProtégerSonImage le 28 novembre 2014
Vie privée 1 commentaire
Cyber-voyeurisme : un concept flou

Vous vous demandez ce que deviennent vos anciens camarades de classe ? Vous désirez regarder la dernière sex tape de Lady Gaga ou les photos volées de François Hollande et Julie Gayet ? Ne seriez- vous pas un peu voyeur ? Sur la toile, on trouve toutes sortes d’informations. Est-il toujours légal et sain de tenter d’y accéder ?

Le voyeurisme : c’est grave docteur ?

Le terme de voyeurisme, défini à l’origine en psychanalyse comme une perversion a une connotation essentiellement sexuelle. En réalité, nous sommes tous à la fois voyeurs et exhibitionnistes, du moins les deux milliards de personnes actives sur les réseaux sociaux.

Le terme peut faire peur, mais être voyeur, c‘est simplement s’intéresser à l’intimité de l’autre. Les embouteillages causés par les centaines de curieux ralentissant devant un accident « juste pour regarder » sont la manifestation d’une forme ordinaire de voyeurisme, sans pour autant que l’on tombe dans le trouble psychiatrique.

Cela devient pathologique et potentiellement nuisible lorsque le voyeurisme est un mode de relation à part entière, ou qu’il implique la mise en œuvre de moyen pour violer l’intimité de l’autre, notamment à des fins sexuelles. On parle alors de « paraphilies », comprenez des comportements sexuels non adaptés.

Être voyeur, est-ce légal ?

Le voyeurisme en tant que tel n’est pas puni par la loi, sauf s’il implique du contenu pédopornographique. Ce qui peut être répréhensible, ce sont les méthodes mises en œuvre pour accéder à un contenu, ou la diffusion d’un contenu privé sans autorisation. Regarder ce qui est montré est parfaitement autorisé. Autrement dit, pirater la webcam de votre ex est illégal, mais regarder ses photos de profil Facebook ne l’est pas.

Ce qui est illégal, c’est donc de tenter d’accéder à un contenu caché (par exemple en piratant le cloud d’une célébrité ou d’un particulier), ou de diffuser des informations sur une personne sans son consentement. Soyez rassurés, vous ne serez pas poursuivi pour avoir acheté le dernier Closer. Ce sont les journalistes et photographes qui prennent ce risque pour vous.

Et les exhibitionnistes dans tout ça ?

Si le voyeurisme est chose commune sur le Web ou via les autres formes de médias, il ne serait rien sans son antagonisme, l’exhibitionnisme. A quoi bon passer sa journée sur Facebook à regarder le profil de vos amis s’ils ne l’alimentent pas en selfies, statut de situation amoureuse, ou géolocalisation. Sur Internet il y a ceux qui observent et ceux qui se montrent. Si l’on met de côté la question de l’intérêt réel de ces activités, chacun semble y trouver son compte et cela n’a rien de répréhensible.

Dans les médias peu interactifs que sont la télévision, la radio ou les journaux, le duo exhibitionnisme – voyeurisme est aussi omniprésent. On se sent très vite impliqué et investi dans des affaires ou faits divers qui n’ont en réalité aucun intérêt d’ordre politique, éthique ou sociétal. La vie d’autrui est une histoire. Le journaliste aime à la raconter, et il trouve beaucoup d’oreilles attentives.

Les célébrités ont-elles le doit à la vie privée ?

Montrer ce qui est caché, n’est-ce pas justement le travail du journaliste d’investigation ? Les véritables questions à se poser sont les suivantes : « qu’est-il éthique de montrer ? » et « qu’est-il utile de montrer ? ».

La limite entre la violation de la vie privée et la révélation d’intérêt public est parfois floue. Révéler qu’un ministre ne paie pas ses impôts, mettre au grand jour la rupture entre le président de la République et la première dame de France, cela a-t-il un intérêt politique, ou bien viole-t-on la vie privée des personnes intéressées dans le seul but de satisfaire une curiosité mal placée ? Vu le nombre de plaintes déposées dans ce genre d’affaires, c’est souvent à la justice de trancher sur ces questions.

  • http://reputationhunter.fr/ Reputation Hunter

    “Regarder ses photos de profil Facebook ne l’est pas”
    Fort heureusement, oserais-je dire!
    Mais il est vrai que la limite est tout de même difficilement appréhendable!
    On est quand même loin du stalking ou du doxxing…