Contagion émotionnelle : Facebook présente des excuses timides

Ecrit par ProtégerSonImage le 26 septembre 2014
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Contagion émotionnelle : Facebook présente des excuses timides

C’est de New Delhi cet été, où elle était invitée en qualité d’intervenante à la chambre de commerce et d’industrie, que la COO de Facebook Shery Sandberg a commenté sous forme d’excuses nuancées l’étude sur la contagion émotionnelle menée par son entreprise.

Etude universitaire réalisée en 2012 sur environ 700000 membres, « la preuve expérimentale de la contagion émotionnelle à grande échelle via les réseaux sociaux » a suscité une vive polémique, tant auprès des internautes que des professionnels. Pourquoi ? Si on en croit les faits, aucun accord préalable n’avait été demandé aux participants. Un épisode supplémentaire concernant la protection des données qui fait rage.

Les faits

11 janvier 2012, 09h42 dans le nord de l’Angleterre : une habitante de Manchester est connectée à Facebook et fait défiler le contenu de son mur sur son écran d’ordinateur. Beaucoup d’informations sont positives et le monde semble beau. De l’autre côté du pays au même instant, un londonien est également en ligne. Les mauvaises nouvelles se succèdent et le ciel s’assombrit. Quelles influences ces données auront-elles sur nos deux utilisateurs ? Est-ce que le contenu de leurs comptes respectifs sera-t-il influencé par ces données les jours suivants?
Pendant une semaine, du 11 au 18 janvier 2012, des scientifiques d’universités américaines mandatés par Facebook, ont envoyé des messages positifs ou négatifs à l’insu de centaines de milliers d’utilisateurs anglophones, afin de mesurer «la contagion émotionnelle» engendrée.
689003 comptes exactement ont été touchés. Et Facebook a pu constater une réelle modification des activités les jours suivants, en fonction des informations transmises sur les différents comptes.

Les excuses

En visite en Inde, la numéro 2 de Facebook est revenue sur ce test organisé via le réseau social ainsi que sur ses risques. Dans un article publié sur le Wall Street Journal, Sheryl Crow a déclaré que « Comme le font des entreprises de recherche, nous testons différents produits. Mais la communication a été mauvaise (…) et pour cette communication, nous nous excusons. Nous n’avons jamais cherché à vous déranger. »
Excuses il y a bien eu. Mais pas sur l’étude en elle-même si on en croit ces déclarations. La COO de Facebook s’est avant tout excusée de la mauvaise communication de son entreprise.

Deux sons de cloche

Dans tous les cas, cette affaire va encore faire parler d’elle. L’Autorité britannique en charge de la protection des données personnelles (ICO) a déjà ouvert une enquête. Quant à Facebook, son bureau en charge des affaires réglementaires en Europe a déclaré qu’il considérait que « cette étude avait été mené en prenant en compte les protections appropriées ». En admettant toutefois que « le réseau social doit améliorer sa communication à l’avenir ».
Sur la toile, les internautes ont réagi vivement en qualifiant cette méthode « d’alarmante » et de « démoniaque ». Mais pour Suzy Moat, professeur de Sciences comportementales à l’Université anglaise de Warwick, cette étude n’a rien d’étonnante. Selon elle, des enquêtes sont quotidiennement réalisées auprès des utilisateurs, sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Des entreprises comme Facebook ou Amazon expérimentent en permanence de nouvelles versions de leurs sites.

Et votre liberté ?

Dix ans après sa création, Facebook revendique un milliard d’utilisateurs. Dans un même temps, le débat sur la protection des données suscite polémique sur polémique à travers le monde. Il enfle, s’éternise et ne semble pas trouver d’issue.
Chaque internaute est libre de surfer où bon lui semble. Mais à quel prix ? Au prix de son droit le plus fondamental qui est sa liberté ? Chacun pourra s’interroger sur la question et déterminer ce qui est bon ou non pour lui. La question est posée mais personne ne lui a encore trouvé de réponse.