Adolescents et sexe: l’envers d’internet

Ecrit par Protéger Son Image le 30 octobre 2012
Actualités | Sécurité 4 commentaires
Adolescents et sexe: l’envers d’internet

Ils ont beau être nés avec, ils ont beau n’avoir connu que ça : les digital natives sont encore loin de maîtriser tous les rouages du net et de reconnaître les dangers auxquels ils s’exposent sur la toile. Et le mois d’octobre n’aura pas manqué de nous le rappeler.

 

Le sexting, une pratique qui n’est pas sans danger.

A quoi pensent-ils, nos ados, lorsqu’ils postent leurs photos sur Facebook ou lorsqu’ils se livrent au sexting (pratique de plus en plus courante chez les adolescents, consistant à envoyer à un contact des mails, des messages ou des photos sexys: une sorte de flirt 2.0 un peu trash)? A s’amuser sans doute, à déconner un peu, à franchir quelques limites et interdits aussi. Le problème ? Ils ne réalisent tout simplement pas à quel point ils se mettent en danger. Ce sont des ados: ils pensent qu’il ne peut rien leur arriver, ils connaissent Facebook et ses paramètres de confidentialité, ils savent qu’ils peuvent faire confiance à leurs amis. Oui, même les 658 sur Facebook.

Seulement voilà: en fait, non ; ils se plantent.

Il ne savent pas que 88% des contenus de ce genre (photos sexys, vidéos suggestives, etc.) uploadés par leur soin (le plus souvent sur Facebook) se retrouveront ailleurs sur la toile: sur des sites parasites à caractères pornographiques par exemple. C’est ce que révèle une étude menée par l’IWF (Internet Watch Fondation) qui a analysé 12 224 images et vidéos durant quatre semaines. 10 778 d’entre elles, les fameux 88%, ont été repostées ailleurs.

Ils ne réalisent pas non plus qu’une fois que c’est fait, il est trop tard pour revenir en arrière. Les contenus téléchargés sur internet se retrouvent multipliés à vitesse grand V, et on en perd très rapidement le contrôle.

Enfin, ils oublient sans doute un peu trop souvent qu’internet, lui, justement n’oublie pas.

 

Ados, cyber-intimidation et suicides.

Le mois d’octobre aura été marqué par le suicide de deux adolescents, victimes de chantage et de harcèlement, suite justement à l’envoi de photos/vidéos sexuellement explicites.

Amanda Todd, 15 ans, qui a relaté son histoire via une vidéo postée sur YouTube en septembre, s’est suicidée le 10 octobre, après trois années de harcèlement, deux déménagements, plusieurs changements d’école, des dépressions, des problèmes d’alcool et de drogues. Elle avait eu la mauvaise idée d’envoyer une photo de ses seins nus à un homme, qui s’en est servi pendant trois ans pour la harceler et lui réclamer d’avantage. Il n’a pas hésité à envoyer cette photos à tous les contacts de la jeune fille, amis et famille, et cela plusieurs fois suite à ses déménagements. Amanda, raillée par ses camarades et victime de crise d’angoisse n’a pas supporté son calvaire.

Le 10 octobre toujours, c’est cette fois-ci en France que Gauthier, 18 ans, s’est donné la mort chez lui après l’école. Ce jeune homme flirtait avec une inconnue très demandeuse, sur Chatroulette. Rapidement, elle l’a demandé en ami sur Facebook, de manière à pouvoir accéder à tous ses contacts, puis l’a menacé de faire circuler la vidéo qu’elle avait de lui s’il ne lui donnait pas 200€. Gauthier a été retrouvé entre la vie et la mort dans le cabanon de son jardin, il est décédé une semaine plus tard à l’hôpital.

 

Mais tout cela ne s’arrête même pas là. Un autre danger vient, étonnement, des Anonymous. En effet, suite au décès d’Amanda Todd, le groupuscule a décidé de mener l’enquête lui-même, pour retrouver le harceleur. Le 17 octobre, ils publiaient une vidéo dans laquelle ils révélaient le nom et l’adresse de celui qu’ils désignaient comme coupable. Et voilà un suspect, qui dément formellement être coupable, livré à la vindicte publique. Retour au far-west ?

Tous ces évènements ont poussé la première ministre de la Colombie Britannique, Christy Clark, à lancer une réflexion autour d’un projet de loi visant à mieux protéger les adolescents sur le net.

 

Pour les protéger, il faut les informer.

Si nos adolescents, contrairement à ce qu’ils semblent penser, ne sont pas suffisamment formés et informés pour se protéger sur internet, ce serait donc aux parents de le faire ?

Quand on voit la naïveté de certains d’entre eux, on se dit cependant que le chemin est encore très long. En effet, combien sont-ils à poster des photos de leur bambin à la plage, en maillot de bain ou même nu ? Et parmi tous ceux qui le font: combien imaginent ne serait-ce qu’une seconde que la dite photo pourrait bien se retrouver sur des sites pédopornographiques ?

Internet fait désormais partie de notre quotidien : il serait temps d’éduquer les gens à son utilisation. Autrement, la cyber-intimidation aura encore de beaux jours devant elle.